Exemple de correction de fond du ciel

Voici maintenant une image de NGC 5248 prise sur un T300 ouvert à 6 :
 

Le suivi n'est pas très bon et la correction du flat n'a visiblement pas marché. Le fond du ciel reste très gênant. Ce défaut est dû à la présence de la Pleine Lune au moment de la prise de vue. Nous allons limiter les dégâts en corrigeant l'image par synthèse polynomiale Comme dans l'exemple précédent choisissons des points uniformément répartis dans le fond du ciel tout en évitant la galaxie et les étoiles :
 

 

J'en entends certains qui admirent ma patience à pointer les 5000 points ci-dessus. En fait, j'ai utilisé une fonction de pointage automatique. Le programme se charge de placer les points uniformément dans l'image tout en évitant tant bien que mal les étoiles et les objets. On peut alors se permettre de demander un grand nombre de points, ce qui permet d'améliorer la qualité de l'image synthétique calculée.

Malheureusement ces fonctions échouent lorsque l'objet photographié est noyé dans le fond de ciel comme dans le cas présent. Il faut donc enlever les points placés sur les objets comme je l'ai fait dans l'image ci-dessus. J'en ai profité pour enlever un peu plus de points autour des étoiles.

Sous Qmips, utilisez la fonction POINT N où N est le nombre de points à placer. Qmips semble avoir plus de facilité à éviter les étoiles et les petits objets mais ne permet pas de supprimer les points placés sur les objets étendus. Sous Prism utilisez la fonction Prétraitements/Synthétique en mode automatique. Lorsque les points seront choisis, vous avez la possibilité de sélectionner les points à supprimer qui apparaissent alors en vert.

Voilà l'image de synthèse calculée en demandant un polynôme de degré 5 :
 

 

Et le résultat final :
 

 

Vous remarquez la présence d'une poussière mal corrigée par le Flat et une légère auréole plus faible que le fond de ciel autour de la galaxie. Les seuls paramètres ajustables sont le degré du polynôme et le choix de la position des points de calcul, qui en mode manuel, permettent d'éviter certaines zones de l'image. En pratique, il est difficile de jouer sur la position des points et l'on se contente de répartir ceux-ci uniformément.

Le degré du polynôme sera choisi suffisamment grand pour pouvoir modéliser correctement les variations d'intensité. En effet, il est impossible de synthétiser par un degré 2 un profil de degré 3. Par contre l'inverse reste possible.

Attention cependant à ne pas prendre de polynômes de degré trop élevé pour limiter les éventuelles erreurs de troncatures des algorithmes, les oscillations en bord d'image et les temps de calculs prohibitifs. En pratique un degré entre 4 et 7 est suffisant et correspond aux limites de 5 pour Qmips et 7 pour le PAP97. Sur certaines images, il m'est arrivé de constater de petites améliorations des résultats avec des degrés de l'ordre de 10.

Christian Buil conseille de filtrer l'image par un passe bas avant de choisir les points en vue d'atténuer les erreurs dues au bruit. En choisissant automatiquement un grand nombre de points, je n'ai pas constaté d'amélioration sensible du résultat, les différentes erreurs devant s'annuler. En revanche, cette méthode doit effectivement être efficace lorsque l'on choisit manuellement un petit nombre de points.

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